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See no evil, hear no evil, speak no evil ϟ Larry & Nicholas

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Psychic I see dead people
Nicholas Austen
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Petite racaille trafiquant dans l'illégal. Armes. Dope, alcool, et autres poisons qui décapent les neurones, bousillent les organes, et ruinent l'existence.

MessageSujet: See no evil, hear no evil, speak no evil ϟ Larry & Nicholas See no evil, hear no evil, speak no evil ϟ Larry & Nicholas EmptyDim 31 Mar 2019 - 6:59


❝ See no evil, hear no evil, speak no evil ❞
@LARRY THERIOT  & NICHOLAS AUSTEN



Elle était vieille, cette baraque. Vieille et grinçante, comme une mémé. Elle doit porter un dentier. Non, mais elle avait la gueule pour, la bicoque. Les murets usés par endroits, la tapisserie démodée, à la teinte d'un pissat de clébard. Rien de sérieux, il suffisait de s'y coller pour quelques rénovations, ici et là. Un peu partout, mais on s'en fout. Il s'en moquait, Nick, puisque le prix était risible, et elle était vaste, avait du potentiel. Lui et Larry avaient encore l'héritage de John, et à deux, ils pouvaient s'offrir le petit confort d'une piaule plutôt qu'un appartement crade. Et c'est plus discret pour nos saloperies. Saloperies. La came, la dope, et ces autres merdailles qu'ils trafiquaient pour renflouer la tirelire. Cette planque serait parfaite pour stocker la marchandise et détenait d'autres commodités qu'on ne pouvait ignorer. Pourtant... il toise l'agente, les rétines méfiantes, flairant le vice caché sous un prix trop abordable.

« Ok, l'arnaque, elle est où ? »
- L'arnaque, monsieur ? Je ne comprends pas.

Me demande pas de t'faire un dessin. J'ai encore la gueule de bois. Elle s'agite, la dame, indisposée par l'inconfort, triture l'émail pendouillant à sou cou, les pupilles fugaces. Tu sembles comprendre. J'ai pas besoin de t'expliquer... mais si t'insistes.

« Le prix est bas pour une maison comme celle-là. La déco laisse à désirer, mais elle est potable et plantée au bon endroit. Tout semble en bon état... mais quand j'vous regarde, j'ai l'impression que j'vais crécher directement dans la fosse septique, et ça m'plais pas. Si y'a un problème, j'aimerais bien savoir. »

Il était barje, Nick, mais n'était pas crétin, savait reconnaître l'anomalie sur une esquisse bien tracée. Et elle soupire, Bertina, le regard contrarié, arrimé vers un ailleurs intangible, là où elle aimerait bien décaniller pour esquiver les justifications embarrassantes. Crache vite le morceau. J'ai envie d'fumer une clope. Et j'ai aussi envie d'aller bouffer un burger. Un sourire fendille ses lippes, un brin trop crispé pour être flatteur, et elle parle, Bertina, d'une voix délassée, qui pourtant, ne dissimule rien.

- Cette maison n'a aucun problème, monsieur Austen. Comme vous le dites, elle est en parfait état, hormis les quelques réparations superficielles à effectuer. Je n'ai rien à déclarer la concernant... mais... je ne peux vous cacher que cette maison attise les rumeurs dans le quartier depuis un certain temps.
« Des rumeurs ? »
- Eh bien, on raconte que cette maison porte malheur, certains disent qu'elle est hantée. Le dernier propriétaire a quitté les lieux très rapidement, sans explications. Cette maison est étiquetée depuis longtemps, et c'est pourquoi il est difficile de la vendre. Personne n'ose l'approcher de crainte d'être maudit par la malchance. Personne n'a résidé dans cette demeure depuis dix ans. Nous préférons la vendre à bas prix plutôt qu'elle ne reste sur le marché indéfiniment, vous comprenez...
« ... Et c'est tout ? »
- Oui, il n'y a rien d'autre. Des superstitions, des histoires, je n'ai aucune idée si elles sont véridiques. Pour le reste, l'agent d'inspection vous confirmera si ce que je dis est juste.

La Nouvelle-Orléans était un lieu propice pour les récits lugubres de hantises et de malédictions. Les lutins, licornes, fantômes et extraterrestres, il n'y croyait pas, Nick. N'avait jamais voué de l'intérêt à ces conneries, ni de près, ni de loin. Si certains se laissaient captiver et influencer par les légendes et les racontars, ce n'était pas son cas. Cette maison était convenable et ce serait insensé de la laisser filer pour des histoires de revenants. Tant qu'il n'y a pas d'rats qui hantent, moi ça m'va.

***

Un mois plus tard, dans la damnée piaule...

La chute. La carcasse se braque, mais les paluches ne parviennent pas à gripper la rampe, et tout vacille, défile sous ses orbes écarquillés par l'effroi. Putain, non ! Il dérape, Nick, le corps tombe dans le vide, dévale la dizaine de marches sans qu'il ne puisse l'éviter. La douleur percute ses articulations, vrille la peau et les os tandis que la descente lui semble démesurément longue jusqu'au sous-sol. J'vais crever. S'il ne se rompait pas la nuque en finalité, alors il resterait paralysé, peut-être. Le crâne se pète contre la rambarde et le corps s'étale, enfin, sur le sol ferme. La vision se trouble, des points noirs valsent devant les mirettes, et malgré le malaise et la confusion, il peut l'entendre, lui. Un rire mâle, vicelard, résonne en écho contre les murets de la pièce. Il tourne la caboche, et sonde la pénombre en quête du salaud. Ça t'fait rire de m'voir me fracasser la gueule ? Ça t'amuse ces p'tites merdes ? Parce que ce con l'avait fait tomber, lui avait agrippé la cheville tandis qu'il descendait. Ça t'fait bien rire, mais tu restes planquer derrière les escaliers. Il le voyait, percevait sa silhouette, sans parvenir à bien discerner ses traits. Il ignorait qui était cet homme, ni pour quelle raison il s'était faufilé dans la baraque. Un clochard, sans doute, et il avait profité de ces trois jours où la maison avait été vacante pour squatter. À peine on emménage et fallait qu'on s'tape un psychopathe la deuxième journée. Il voudrait bien beugler à Larry de lui ramener la batte de baseball, mais Larry était absent, avait déserté pour aller à la quincaillerie acheter quelques bricoles pour rafistoler sa chambre. Timing de merde. La cervelle dispersée et tournoyante, cabèche lourde et lancinante, il tente de se redresser, mais arrive à peine à remuer...

Nick s'enlise dans les abysses de l'inconscience, plonge dans les ténèbres, sans réaliser que l'homme s'était extirpé de l'obscurité pour l'approcher. L'infâme fantoche le jauge un temps, dévisage le corps inerte d'un œil malveillant, vil rictus au coin des babines, et lorsque la porte d'entrée fulmine ses rouages... le spectre se dissipe, disparaît, se fait oublier...

... pour l'instant.


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Larry Theriot
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Âge ✢ : 29 ans

Clan ✢ : Sorcier solitaire pour le moment, il ne souhaite rejoindre aucun clan tant qu'il n'aura pas résolu le mystère de ses origines. Peu puissant, il apprend principalement en solitaire, et concentre son apprentissage sur la communication avec les esprits et les fantômes.

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A savoir

Livreur de repas officiellement, il est également adepte de divers trafics illégaux (informations, drogues, armes, marché noir et même cigares cubains). Originaire d'Austin, Texas, il a emménagé à la NO il y a trois ans. Pansexuel et célibataire, il n'est pas doué pour s'occuper des autres sur la durée - et donc pour rester en couple.

Caractère

En apparence : peu sérieux, fait souvent preuve d'humour - parfois douteux - sociable, bavard, dragueur, a le sens de l'autodérision, tolérant.
En réalité : intelligent, curieux, plutôt manipulateur, assez ambitieux également, déterminé.
Pour ceux qu'il aime : fiable, loyal, attentif, à l'écoute et prêt à tout.

MessageSujet: Re: See no evil, hear no evil, speak no evil ϟ Larry & Nicholas See no evil, hear no evil, speak no evil ϟ Larry & Nicholas EmptyDim 7 Avr 2019 - 0:18

❝ Nicholas Austen ✢ Larry Theriot ❞ See no evil, hear no evil, speak no evilChantonnant sur air pop passant à la radio, il tourne le volant du pick-up en prenant soin de mettre le clignotant avant. Bon peut-être qu’il a vraiment attendu la dernière minute pour l’allumer, ce qui explique le coup de klaxon d’une voiture que Larry ne prend même pas la peine de repérer. Pour être franc, si cette caisse est utile pour transporter de gros trucs, il préfère de loin son scooter de livraison, tellement plus pratique pour circuler rapidement dans le flot dense de véhicules néo-orléanais. Le fait est que son deux-roues ne peut guère lui permettre de transporter le matériel qu’il vient de se procurer en magasin, et qui remplit allégrement le plateau de sa voiture. De quoi remplacer des lattes du plancher de sa chambre, de la peinture pour recouvrir les murs, et un luminaire plafonnier, parce que la malheureuse ampoule nue accrochée par ses fils fait triste figure. Bref, vu les travaux prévus sur cette vieille barraque, Larry a d’ores et déjà pris des journées de repos pour aider Nick à retaper leur maison. Leur maison, un concept que Larry a un peu de mal à intégrer, lui qui depuis ses dix-huit ans n’a vécu que dans des appartements miteux et des squats – ce qu’il n’a pas vraiment de mal à supporter. Pourtant c’est un bon investissement que lui et son frère de cœur ont fait, grâce à l’argent de feu John. Un héritage qui semble parfaitement logique dans le cas de Nick – lui avait passé des années avec cet homme qu’il s’est mis à considérer comme un père – mais qui a pris Larry assez par surprise. Si lui-même aimait bien le vieil homme avant sa mort, il n’aurait jamais cru que son ancien père d’accueil l’aurait suffisamment aimé pour le mettre sur son testament. Aux yeux du sorcier, l’achat de cette maison est donc une façon de montrer au défunt qu’il n’est pas complètement irrécupérable et qu’il pense à l’avenir – d’où cet investissement. Même si, soyons honnêtes, dans un proche avenir, ce qui l’intéresse le plus dans cette demeure, c’est les avantages qu’elle peut leur offrir, à Nick et lui, en ce qui concerne leur business illégal. Après tout qui irait soupçonner cette maison dans un quartier résidentiel de servir de stockage à de la drogue et autre marchandise illégale ? Imaginer la tronche de ses voisins s’ils savaient fait sourire Larry alors qu’il engage le pick-up dans l’allée.

Attrapant autant de matériel qu’il le peut dans ses bras, il rentre tant bien que mal, appuyant sur la poignée avec son coude et poussant la porte d’un coup de pied. Il se fige quand la porte grince de manière menaçante. Finalement le battant cesse de bouger, et Larry lâche un soupir de soulagement – il n’a vraiment pas envie de réparer cette satanée porte aujourd’hui. Déposant ce qu’il porte au pied de l’escalier montant à l’étage, il balance à la ronde en criant : « Hey Nick ! Je suis revenu, j’ramène juste quelques bidules à l’intérieur, attends. ». Sans attendre de réponse, il ressort, récupère encore quelques lattes et des pots de peinture, avant de rentrer son paquetage. Encore deux allers-retours pour finir de tout faire rentrer, et ferme enfin la porte de la maison – ouais la maison, comme sa maison, là où il vit, il faudra qu’il s’y habitue un jour – avant de se rendre compte que Nick ne lui a toujours pas répondu. En fait il n’a donné aucun signe de vie. Commençant à s’inquiéter, Larry se met à l’appeler : « Hey Nick, t’es là ? ». Puis pris d’une inspiration, il ajoute : « Si jamais tu essaies de me faire un coup tordu en voulant profiter des rumeurs de fantômes qui courent sur cette maison, c’est pas drôle ! J’avais déjà prévu de te faire le coup quand on aurait un peu avancé les travaux. ». Totalement véridique d’ailleurs. Même s’il devrait peut-être vérifier si les lieux ne sont pas vraiment hantés, ce qu’il n’a pas eu le temps de faire encore – puis pour l’instant rien ne s’est manifesté de toute façon. Tout en parlant, il s’est mis à arpenter les pièces du rez-de-chaussée, essayant de trouver son ami. Sans succès jusqu’à ce qu’il repère la porte de la cave ouverte. Il s’en approche aussitôt, et essaye d’actionner l’interrupteur mais rien ne s’allume. « Nick t’es en bas ? ». Larry n’est pas sûr mais il lui semble entendre quelque chose. « Merde, je vais chercher une lampe torche, j’arrive. ». Après avoir farfouiller dans leurs affaires éparpillées, il finit par mettre la main sur ce qu’il cherche, et se dirige vers l’escalier menant au sous-sol, se montrant inhabituellement prudent.

Soudain il se fige quand le faisceau de lumière fait sortir de l’obscurité la silhouette d’un corps qu’il ne reconnait que trop bien. « Nicholas ! Bordel ! ». Il se retient de justesse de courir, se faisant la remarque qu’il ne pourrait pas aider son ami s’il se rompt le cou stupidement. Parce que Larry a besoin de croire que Nick n’est que blessé et qu’il n’est pas mort. Le texan n’a que peu de proches, et Nick est sans nul doute celui auquel il tient le plus. Son frère de cœur comme il l’appelle dans son esprit, celui pour qui il pourrait faire des sacrifices qu’il n’envisagerait même pas pour d’autres. En l’occurrence si son meilleur ami a réellement eu le mauvais goût de se tuer en tombant des escaliers, Larry était prêt à se mettre tout de suite à la magie nécromancienne pour le faire revenir – même si vu son absence de notions en la matière ça lui prendrait probablement des années. Heureusement lorsqu’il s’approche, il peut voir la poitrine de Nick se soulever légèrement à chacune de ses respirations, signe incontestable de son non-décès. Soulagé, Larry se met à le secouer : « Bon sang Nick, bouge toi, j’ai pas envie de t’emmener à l’hosto, ni d’appeler une ambulance tu m’entends. ». Si le sorcier semble essayer de minimiser la situation, en réalité au fond de lui il est terrifié.
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MessageSujet: Re: See no evil, hear no evil, speak no evil ϟ Larry & Nicholas See no evil, hear no evil, speak no evil ϟ Larry & Nicholas EmptyDim 14 Avr 2019 - 7:54


❝ See no evil, hear no evil, speak no evil ❞
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L'inconscience, ensuite, le rêve.
En plein cœur d'une masure sinistre. Baraque sombre, attifée de murets encrassés, et à l'arôme âcre de moisissure. Il avait l'impression de la flairer, Nick, même si ce n'était qu'un rêve. L'émanation de pestilence lui donnait presque la nausée. Le gosier se comprime, et il se couvre le museau, tentant désespérément de ne pas inspirer l'air vicié. Cet air qui ne devrait avoir aucune odeur, dans un rêve... le bois usé craquette sous ses pas tandis qu'il avance lentement, hésitant. Il reconnaissait cette piaule, celle dans laquelle ils venaient tout juste d'emménager, sauf qu'elle était... plus glauque, moins propre. Il se fige, pivote un peu, détaille la salle à manger bordélique. De la nourriture avariée croupissait dans les faïences entassées sur la tablée et des mouches voletaient, avides d'y pondre des œufs. Le portrait n'avait rien de ragoûtant, et il ne s'y attarde pas, poursuit prudemment son avancée, pressentant déjà un cauchemar. J'vois pas comment cette merde peut présager quelque chose de bon. Et ca schlingue trop pour qu'ce soit un beau rêve. Puanteur, au sens littéral du terme... Il avance, et sa godasse piétine quelque chose de poisseux. Du sang. Les iris observent le sol, et ces longues traînées d'écarlate, encore humides, barbouillant grossièrement le carrelage. L'envie de détaler lui bouffe les tripailles, mais il s'abstient lorsqu'il entend les doléances d'une femme. Des sanglots, de ceux qui trahissaient un chagrin démesuré, si colossal qu'il était impossible d'y remédier. Le cœur s'emballe et la crainte serpente sous la chair, au creux des membranes. Faut que j'me tire d'ici. Pourtant, Nick ne prend pas la fuite, interpellé par les larmoiements éperdus de cette pauvre femme, certain qu'elle avait besoin d'aide. J'peux pas partir comme ça, et la laisser...

« Où êtes-vous ?... J'aimerais vous aider... vous m'entendez ? »

Aucune réponse. Seulement les sanglots qui ne cessent de résonner en écho contre les sombres cloisons délabrées. Comment j'fais pour me réveiller ? Y'a pas une manivelle pour mettre à off ? Parce que, bien qu'il éprouvait la nécessité de lui porter secours, il redoutait ce qui l'attendait au détour. C'est toujours comme ça, les saletés d'cauchemars. Quoiqu'on fasse, on s'retrouve le cul coincé dans un piège. Pareil comme un mauvais film d'horreur. On gage combien que j'vais tomber directement devant un cinglé prêt à m'découper avec sa tronçonneuse ? Agacé et nerveux, il s'enlise dans les ténèbres du couloir, et il perçoit à l'extrémité une porte ouverte sur une scène dérangeante. Une femme était affaissée au sol et tenait entre ses bras la dépouille d'un jeune garçon. Il devait avoir, huit ou neuf ans. Elle sanglotait et le berçait, même si le gamin ne démontrait plus aucun signe de vie. C'est clair qu'il est mort, y'a assez d'sang partout pour peinturer tous les murs d'la baraque. Un frisson lui hérisse la carne, et il s'approche, s'immobilise sur le seuil, sans esquisser un mouvement pour le franchir. Il dévisage le tableau macabre, sans voix, figé par l'horreur. Il lui est arrivé quoi, au pauvre mioche ? Ses fringues étaient noircies d’hémoglobine, et ses yeux avaient été arrachés de leur socle, il ne restait plus que deux cavités, dénuées de leur âme.

« Vous voulez que... que j'aille chercher de l'aide ? »

Chercher de l'aide pour quoi ? Il est mort, espèce de con. Tentative, aussi stupide que futile, peut-être, mais Nick ignorait quoi dire ou quoi faire pour l'apaiser. La dame l'ignore un temps, comme s'il était inexistant, et enfin, elle remue, lève son visage. Ses yeux exorbités le lorgnent, gavés d'affliction et d'une furie qu'il ne saisit pas. Elle le sonde comme s'il était le fautif de son malheur. Et elle siffle, l'endeuillée, crache sa hargne contre lui, beugle des paroles en créole qu'il peine à comprendre. Pourquoi elle est furieuse contre moi ? Il est confus, Nick, ne capte rien de son charabia, ni pourquoi elle était en rogne contre lui. Elle bouge, délaisse le cadavre, et s'avance vers lui, l'écume à la gueule, l'œil enflammé.

- Kisa ou te fè ti bebe mwen an?! Ou se dyab la! Ou se dyab la!
« Désolé, j'comprends pas c'que vous dites, j'comprends pas vraiment le créole. »
- Fè m'pitit mwen, asasen!

C'est moi ou elle vient d'me traiter d'assassin ? Il n'était pas très doué en créole, mais comprenait certains termes ressemblants. Les sourcils se froissent d'incompréhension tandis que la tête fait signe de négation.

« Non, vous faites erreur. J'ai rien fais. J'aurais jamais pu faire un truc comme ça, surtout à un gamin ! J'ai bien des défauts, mais j'suis pas un assassin ! »

Il était insulté qu'on puisse penser qu'il pouvait, lui, heurter un enfant, alors qu'il avait vécu des atrocités et s'était promit de ne jamais faire la même chose, un jour. Alors, torturer et tuer un enfant ? Jamais. Pourtant, elle ne semble pas le croire, et lui agrippe le poignet pour lui montrer... l'arme du crime. D'où ça sort, ça ?! Au creux de sa paume, se tenait une dague ensanglantée, celle ayant servi à commettre l'inconcevable. Nick lâche prestement la lame, les doigts suintant la mort sanguine.

« C'est pas à moi ! Elle était pas dans ma main y'a deux secondes ! »

Mais elle s'en moque, la furie, et bondit sur lui, déchaînée. La carcasse s'écrase au sol, tandis qu'elle le secoue, et le frappe en hurlant comme une damnée. Son regard dément suppure de haine et bien qu'il tente de la repousser, impossible d'y parvenir.

- QU'EST-CE QUE TU AS FAIT À MON BÉBÉ ?! TU ES LE DIABLE ! RENDS-MOI MON BÉBÉ, ASSASSIN !!!

***

« Lâche-moi, putain, LÂCHE-MOI !!! »

Réveil brutal. Extirpé d'une terreur éthérée qu'il poursuit à croire réalité. Les paluches fouettent l'air, se débattent contre une menace indécelable, et le pauvre Larry s'écope d'une baffe en pleine trogne dans la foulée. Haletant, le palpitant affolé, Nick émerge, les rétines paniquées. Le haut du corps de redresse vivement, et nerveusement, les mirettes fouillent la pièce, persuadé d'y percevoir la cinglée à proximité. Soudainement, il réalise que le panorama n'est plus le même, qu'il n'est plus là-haut, mais au sous-sol. Où est-ce qu'elle est ? L'égaré fronce les sourcils, la cervelle troublée, et comprend. C'était un cauchemar. Un cauchemar si réaliste qu'il galérait à discerner l'authentique de la fiction. Le temps de quelques secondes, il ne sait plus où il est et ce qu'il fabrique au sous-sol, et il se souvient d'un coup. Le sous-sol. L'escalier. La chute. Le psychopathe. Et enfin, la conscience perçoit la présence de Larry, non loin. Il ne perd pas de temps, Nick, se contente d'aller droit au but, anxieux.  

« Larry, y'a un mec dans notre baraque. Je l'ai vu. Il s'est planqué derrière les escaliers et m'a fait tomber en bas. Il s'est même foutu d'ma gueule, le taré. Il m'a agrippé la cheville alors que j'descendais... il est peut-être encore ici. », dit-il, l'inquiétude au tréfonds des iris.

Non, il ne mentait pas, et Larry le connaissait bien, savait lorsqu'il bluffait et lorsqu'il était sérieux. Regarde dans mes yeux, j'déconne pas, j'suis sérieux.

« On peut pas appeler les flics avec le stock qu'on a ici... mais j'sais m'servir d'une batte de baseball... tu sais où elle est ? Pas question d'le laisser filer. Si j'le chope, j'lui fous la gueule en morceaux, il reviendra plus jamais. »

S'il était le moindrement intelligent, ce fou, il ne devait pas avoir perdu de temps à détaler loin d'ici. Ouais, mais s'il est fou, peut-être bien qu'il s'en branle. Il se lève et dévisage le bazar, les boîtes encore fermées qu'ils avaient largué ici, le temps de ranger le contenu de celles du haut. Il cherche, pousse les boîtes, certain que la batte devait se trouver quelque part au sol, entre deux caisses.

« J'sais pas pour toi, mais moi, dès demain, j'vais magasiner un système d'alarme. Peu importe le prix. Si les gens passent leur temps à venir squatter notre nid quand on n'est pas là... surtout s'ils sont dingues... j'veux bien croire qu'on sait se démerder pour se défendre, mais si le mec se planque quelque part sans qu'on l'sache, et qu'il attend la nuit pour venir nous darder dans notre lit, non merci ! »

Il s'immobilise quelques secondes et lui adresse un regard contrarié.

« J'sais pas qui c'est, ce type, mais il est franchement siphonné. Quel genre de malade s’infiltre comme ça chez les gens et s'amuse à essayer d'les tuer ? J'aurais pu m'briser l'cou. Et j'te jure, c'est c'qu'il voulait, l'enfoiré. T'aurais dû l'entendre rire quand il m'a vu étalé en bas. J'ai d'la chance d'être encore en vie... ça m'étonne qu'il m'ait pas achevé... passe moi ta lampe de poche. »

Le sous-sol était obscur et il était difficile de chercher sans se buter les pieds contre le bordel. Lorsqu'il lui tend, Nick lui braque la lumière en pleine bouille, et fronce les sourcils, concerné.

« T'as quoi, sur la gueule ? Tu t'es battu avec quelqu'un ? »

Il avait une rougeur sur la pommette, Larry, comme s'il s'était mangé un coup au visage. Y'a des cons partout. Visiblement, il ignorait que le con en question, c'était lui.


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MessageSujet: Re: See no evil, hear no evil, speak no evil ϟ Larry & Nicholas See no evil, hear no evil, speak no evil ϟ Larry & Nicholas EmptyJeu 25 Avr 2019 - 19:06

❝ Nicholas Austen ✢ Larry Theriot ❞ See no evil, hear no evil, speak no evilLe texan en est à imaginer les pires possibilités, comme celle que son ami est en train de faire un anévrisme, une attaque, ou quelque soit le nom que ça puisse porter, quand le cri de Nick retentit. Larry a à peine le temps de soupirer de soulager alors que son colocataire lui hurle de le lâcher. Il n’a d’ailleurs pas l’occasion de le faire – ou même de s’époumoner contre l’homme à terre pour lui faire une frayeur pareille – qu’il ressent un choc au visage qui lui fait perdre prise. C’est avec un temps de retard qu’il réalise qu’il s’est pris un coup de poing de la part de son frère de cœur. Malgré lui, le sorcier grommelle, pas certain que son ami l’entende : « Moi aussi je t’aime, bâtard. ». Il se frotte la joue tout en regardant Nick, qui semble mesurer la situation du regard, reprenant ses esprits. Larry se demande s’il a de la glace dans le frigo, ou si, à défaut, si une bouteille de bière fraiche apaiserait un peu la douleur. C’est que mine de rien un Nick endormi, ça frappe fort ! Toutefois il est obligé de revoir ses projets d’appliquer le verre de la bouteille rafraichie sur sa peau – avant ou après en avoir bu le contenu – alors que l’autre propriétaire des lieux lui explique qu’il y a un intrus. Le sorcier regrette maintenant de ne pas s’être intéresser à des sorts pour protéger les vieilles baraques des cambriolages. Il est quasiment sûr que ça existe en plus. Et ça éviterait que des étrangers se pointent et tentent de les tuer. Encore plus pratique vu les différents trafics que Nick et lui cumulent. Vu le ton sérieux qu’utilise son cadet, Larry n’envisage même pas que ce soit un mensonge. « Ok, je te crois, même si j’ai vu personne en rentrant. Mais bon j’avais la tête ailleurs. » dit-il. Puis il regarde d’un œil critique l’autre homme, réalisant qu’il a quand été inconscient suite à une chute dans les escaliers. Quand bien même on ne dirait pas vu l’énergie qu’il dégage, prêt à éclater la tronche de leur apprenti assassin à coup de batte. Une bonne idée du point de vue de Larry, si ce n’est qu’il s’inquiète de l’état de santé de Nick : « Je suis d’accord, les flics sont hors de question. Enfin même sans le stock, je ne les aurais pas appelés, c’est jamais bon d’être dans les fichiers de la police, même si on est les victimes. ». Il s’arrête le temps de trouver une façon diplomatique de dissuader Nick de se lancer dans la chasse à l’homme et de l’envoyer à l’hosto passer une radio, une IRM ou un truc du genre.

Mais Nick semble inarrêtable alors qu’il se met à fouiller les boites pour mettre la main sur cette fichue batte de baseball. Larry lâche un grognement alors qu’il se relève pour aller aider son meilleur ami. Clairement, il n’arrivera pas à le convaincre d’aller se faire examiner pendant qu’il règle le problème, alors autant mettre la main au plus vite sur l’intrus, qui qu’il soit. D’ailleurs Nick a déjà changé de sujet, lui faisant part de sa volonté de faire installer un système de sécurité. Repensant à leur porte d’entrée qui tient à peine debout, Larry lui répond quand l’autre fait une pause dans son discours : « Je suis un grand fan de cette idée de système de sécurité, crois-moi. Même si j’ai des doutes sur l’efficacité d’un tel système sur une barraque où la porte menace de se casser de la ville. ». Le commentaire suivant fait naître une onde de colère chez le sorcier à l’idée d’un type regardant son ami inconscient sur le sol sans faire un geste pour l’aider. Habitué à se contrôler cependant, il fait mine d’être décontracté, haussant légèrement les épaules avant de lui dire d’un air docte : « Le monde est rempli de bizarreries, alors je te dirais bien que ça m’étonne, mais ça ne m’étonne pas. Ne t’inquiète pas, on l’aura ce connard, et on lui fera payer. ». Larry a beau ne pas être un tueur, il sait qu’il n’aura aucun mal à se salir les mains avec le mec qui a agressé son colocataire. Sans réfléchir, il passe la lampe à son frère de cœur, encore plongé dans ses pensées. Avec quelques secondes de décalage, il finit par enregistrer ce qui lui dit Nick. Un ricanement lui échappe avant de retorquer : « Bah figure-toi, il y a un bâtard, un type que j’aime bien pourtant, il m’a foutu son poing dans ma gueule, comme ça s’en prévenir. Et il s’en est même pas rendu compte s’il te plait ! Qu’est-ce qu’on n’encaisse pas par amitié. ». Puis alors, qu’il se met enfin à fouiller lui-même les cartons pour mettre la main sur n’importe quoi pouvant faire office d’arme, il ajoute : « D’ailleurs c’est bizarre, je crois qu’il s’appelle Nick. ». Puis d’un geste triomphant, il sort un long objet contendant d’un carton qu’il montre à son ami : « C’est pas une batte de baseball, mais un pied de biche, ça marche aussi non ? ».
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